Le canal de Berry, à plat et à contre-vent
30 MAI 2026 · 🚲 À VÉLO · 10.6 KM · LECTURE 1 MIN
Un canal, c'est une promesse de cycliste : pas de côte. Le canal de Berry tient cette promesse au mètre près, et la compense par un vent de trois quarts face qui, lui, ne figure sur aucune carte.
Départ de Vallon-en-Sully au matin, le thermos calé dans la sacoche. Le chemin de halage file droit entre deux rangées de platanes, l'eau d'un côté, les prés de l'autre. C'est un voyage d'hyperproximité dans sa forme la plus pure : vingt minutes de voiture m'auraient amené au même endroit, mais on n'aurait rien vu.
Ce qu'on voit à 16 km/h
À cette vitesse, le territoire se déplie. Les ragondins plongent avec un bruit de caillou. Les maisons éclusières se succèdent, chacune dans son état : ruine, résidence secondaire, ou ce mélange bourbonnais des deux où le toit est neuf mais les volets pendent.
Le canal de Berry a été creusé entre 1808 et 1840, au gabarit Becquey —
trop étroit, trop tôt. Déclassé en 1955. Il n'a jamais vraiment servi,
et c'est peut-être pour ça qu'il est si paisible.
Demi-tour à Urçay, le vent dans le dos cette fois. Le même paysage à l'envers est un deuxième voyage gratuit.
Bilan de bord : deux hérons, un martin-pêcheur (non négocié, il était là c'est tout), zéro voiture croisée, un café tiède mais mérité.